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Interview de Guy Toussay (Pangée Business)

Directeur de la Société d'Accompagnement à l'International Pangée Business, Guy Toussay est un spécialiste de la constitution de Groupements Export. Il répond à nos questions concernant le dispositif Cap Export lancé en octobre 2005 par Christine Lagarde, ministre déléguée au Commerce extérieur.

A l'issue de sa première année d'existence, comment jugez-vous le dispositif Cap-Export du Ministère du Commerce Extérieur ?
Guy Toussay : Tout d'abord, il faut préciser que la diffusion de ce dispositif n'a pas été pertinente. Entre la date de son entrée en vigueur et le moment où les entreprises en ont pris connaissance, il s'est écoulé un laps de temps qui permet d'affirmer, à l'instant où nous parlons, que ce dispositif n'est pas encore arrivé à son apogée.
Cependant, les différents volets que sont le crédit d'impôt export, l'exonération de l'impôt sur le revenu à partir de 120 jours passés à l'étranger, l'assurance prospection renforcée ou encore les garanties de crédit de financement ne peuvent que faciliter les démarches d'exportation, et donc inciter les entrepreneurs à se tourner vers les marchés étrangers.
Il faut noter également que les procédures sont complexes, et il serait intéressant de vulgariser ces concepts. Quoiqu'il en soit, les structures d'accompagnement, publiques ou privées, ont un rôle essentiel à tenir auprès des entrepreneurs

Quels intérêts a-t-il susciter chez les chefs d'entreprises français ?
Guy Toussay : Globalement, les chefs d'entreprises se disent satisfaits au travers de ce qu'ils perçoivent de ce dispositif, mais beaucoup d'entre eux manquent d'informations. Il est certain que les entreprises qui sont déjà présentes sur les marchés étrangers y trouvent plus d'intérêt, notamment pour les mesures d'exonération d'impôts.

Comment ce dispositif a-t-il été accueilli en Vaucluse ?
Guy Toussay : Le tissu économique en Vaucluse est principalement constitué de TPE pour lesquelles certaines mesures de ce dispositif ne sont pas adaptées à leur problématique. L'exonération de l'impôt sur le revenu à partir de 120 jours passés à l'étranger n'intéresse pas la TPE, ainsi que d'autres mesures liés au crédit à l'export. Sous cet angle, les PME disposant d'un service export sont davantage concernées. Les TPE le seront, par contre, dans le cadre d'un groupement export. Pour toutes ces raisons, ce dispositif est encore peu utilisé en Vaucluse.

Selon vous, quelles modifications faudrait-il apporter pour le rendre plus attractif, notamment auprès des TPE ?
Guy Toussay : Certaines mesures sont tout à fait adaptées aux TPE. Les actions de promotions collectives labelisées en sont un exemple. Par contre, l'emploi d'un VIE par une TPE pose encore des difficultés en raison de son coût. Cette mesure devrait faire l'objet d'une exonération plus importante pour les TPE.
D'autre part, les TPE rencontrent des difficultés pour assurer une présence pérenne à l'étranger. Une possibilité existe avec l'embauche des VIE à temps partagé. Mais avant d'envoyer un VIE sur les marchés étrangers, les TPE ont besoin d'informations qu'elles n'ont pas. Par exemple, les Pays-Bas disposent de chargés d'affaires en Chine qui veillent sur les opportunités de marchés et en informent les entreprises hollandaises. Un tel réseau de collecte d'informations manquent certainement aux TPE françaises.

Êtes-vous confiant en l'avenir de ce dispositif ?
Guy Toussay : Oui, sous réserve de rendre ce dispositif plus accessible aux TPE, notamment en terme de soutien financier.


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